C’est en lisant un post d’Alec Longstreth l’autre jour, où il racontait à quel point il n’avait pas le temps de blogger, que j’ai pris conscience que mon site ne correspondait plus à ce qu’il me fallait.
A downside is that I’m not able to blog very often. I know people will say it doesn’t matter, but I do miss blogging more.
Donc ça y est, je me suis définitivement décidé à tout remanier, afin de pouvoir poster tout est n’importe quoi, dans le cadre de ce qui m’entoure et m’intéresse. Un bon petit layout à 3 colonnes, simple et efficace, juste de quoi ne pas trop s’user les yeux au quotidien. Et voilà une belle réalisation pour poster du grand n’importe quoi, ça va être bieeen !
J’aurais mis des années à passer le cap, lisant régulièrement les blog des autres, et non sans utiliser des espaces de diffusion, mais cette fois ça y est, je suis un bloggeur...
(grandpapier ne pleureuu pas je ne t’oublieraiiiii pas).
La variété de ma production peut en apparence ne pas sembler s’intégrer dans un corpus cohérent. Il me semble pourtant que ce groupe hétérogène est la clé de lecture de l’ensemble.
La représentation d’une collection et le moment où elle devient reconnaissable comme tel, fait déjà partie des questionnements proposés. La variété des propositions plastiques entre abstraction, figuration et bande dessinée, découlent toutes d’une recherche centrale simple : le seuil et sa position ou une certaine fascination pour la difficulté à cerner, définir une limite. Il ne s’agit pas exactement de la frontière ou de la séparation entre deux mondes en tant que tel, mais de son pourtour, soit une zone plus floue ; Le point de bascule entre deux états, la gradation entre deux zones, deux moments. Techniquement il me semble que cette ligne ou cet instant sont indéfinissables, à l’instar d’un point de tangente en mathématique. L’on doit donc se concentrer sur un avant et un après. La beauté serait dans la vibration, le mouvement des états qui se manifeste à la frontière des mondes, peu avant, presque après le basculement.
Cet intérêt pour une idée d’un troisième temps insaisissable jalonne tout le travail sous des aspects divers. Cela apparaît d’abord sous une forme structurelle et sémantique au sein d’une histoire, dun’ récit en bande dessinée et dans le processus de son interprétation par un lecteur au travers de temps mentaux de lecture.
Cette idée s’exprime aussi de façon très concrète lorsqu’il s’agit d’abstractions murales qui exploitent la surface qui les accueils et s’y étendent par un jeu de contractions et de déflagrations visuelles. Les angles internes et les lignes qui pointent vers l’extérieur engendrent un halo en négatif vibrant sur le pourtour de la pièce à la manière d’une tache d’encre dans de l’eau. Ainsi c’est un ensemble complet aux limites floues comprenant le mur qui devient l’oeuvre. Dans le même temps, ces mêmes objets, à la manière de sculptures, déclinent le basculement dans le rapport au temps qu’elles entretiennent avec le spectateur. Et pourtant il s’agit plutôt de peinture et de plan, de mur. Des pièces qui résistent en découvrant petit à petit leurs facettes, par une certaine complexité tridimensionnelle qui requiert un temps d’appropriation. Dans la même dynamique les plis de tissus ou encore l’eau sont des matières privilégiées pour développer une fascinante complexité. Vues de près, la découverte de ces formes et d’une certaine fragilité structurelle récurrente — et réelle ! — nous fait apparaître avec encore plus d’intensité la vacuité de l’idée de permanence et de linéarité d’un monde uni et stable.